Un film de Jean-Jacques Rousseau
Avec Noël Godin, André Stas, Léon Stone, Vladimir Kamenov, Pierre S., Tommy Gun, Béla Olâh, Rémy S. Legrand, Olga S, Francis Somville, Martine Tonon, Fanchon Daemers, Eric Tilmant, Maria Ventura, Ronald Leclercq

Karminsky-Grad

Pitch

Quelle menace plane au-dessus de Charleroi ?
La Wallonie résistera-t-elle à l'Hécatombe ?
L'Amour est-il plus fort qu'un baril d'uranium ?
A quoi ressemblera la région dans le futur ?
Vous le saurez en regardant Karminsky-Grad
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Synopsis

Igor Yaboutich – bolchévique stalinien convaincu – prépare le coup le plus fumeux qui soit : anéantir l’Occident Chrétien. Il décide d’utiliser l'arme de destruction massive par excellence : la bombe atomique ! 
La ville de Charleroi – renommée Karminsky-Grad – est choisie pour élaborer ce sombre projet de  mort. L’usine d’armement nucléaire est menée de main de fer par les sinistres Vladimir Karminsky et Reinhard Heydrich, qui exploitent leurs ouvriers.  Une révolte éclate et les dirigeants sont assassinés. Heydrich en profite pour prendre le pouvoir dans l'usine.
De nombreuses exactions sont commises au nom de tout régime.
Mais qui est vraiment le maître dans cette succursale de l'enfer ?
La situation semble hors de contrôle pour les dirigeants chinois, arabes, russes et allemands réunis contre les Américains dans cette cause commune.
Puisque le sang appelle le sang, Igor Yaboutich – seul sage parmi les fous – décide de sacrifier son autorité sur l’autel de la folie.
Il inaugure ainsi une nouvelle ère de carnage en Europe.
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Note d'intention du réalisateur

En 1964, durant mon service militaire en Allemagne, ma compagnie a reçu l’ordre de se déplacer vers l’Allemagne de l’Est lors d’une alerte OTAN, de Spich à Kassel. 300 km à l’Est. A une époque où les relations étaient plus que tendues entre l’Est et l’Ouest, le bruit courait que ce déplacement était dû au déclenchement d’une troisième Guerre Mondiale.
Au moment où je montais dans les camions bâchés avec mes camarades, je pressentais un grand bouleversement. Allais-je mourir d’une mort violente pour défendre une terre dont je n’étais pas l’enfant ? Je ne pensais qu’à mon chien. Je me demandais comment il allait faire pour vivre sans moi.
J’étais loin de me douter que ce voyage allait être déterminant pour mon avenir de cinéaste.
A Kassel, je me trouve donc sur le mamelon rocheux de Mengeringhausen, caché dans une tranchée en attendant l’attaque soviétique sur l’Europe de l’Ouest. Lors d’une nuit glaciale qui devait faire environ 25°C sous zéro, j’ai eu une apparition. Un slave s’est présenté à moi sous le nom d’Igor Yaboutich. J’ai tiré dans sa direction, mais en vain. Il avait mystérieusement disparu. Depuis cette nuit cosmique, je suis hanté par le spectre d’Igor Yaboutich et par l’invasion de l’Empire Slave sur l’Occident Chrétien.
Lors d’une permission, j’ai voulu exorciser ces images et chasser le personnage d’Igor Yaboutich de mon esprit à tout jamais en réalisant un film muet en 8mm, L’Etrange Histoire du Professeur Igor Yaboutich. Malheureusement, le film a été dérobé lors d’une projection houleuse dans un café. Un peu plus tard, l’acteur qui interprétait Igor Yaboutich disparaissait, mort assassiné en Pologne.
Depuis lors, je désespérais de trouver le successeur capable de porter le poids de ce personnage sur ses épaules. Il me fallait un homme de structure forte avec une âme d’enfant et une voix d’ange pour assumer ce rôle. Il s’agissait de Noël Godin. En acceptant ma proposition, il était conscient du risque de subir à tout moment le même sort que le premier acteur. Espérons que les Puissances électromagnétiques épargnent cet homme au grand coeur qui m’a sauvé de la falaise en 1995.
Après plusieurs essais (L’Internement de Karyl Chessman, Irkutz 88), l’heure était venue de marquer un grand coup pour mettre fin à la malédiction d’Igor Yaboutich qui me torture depuis plus de 40 ans.
Karminsky-Grad pouvait naître.
Mais en suis-je vraiment arrivé à bout ? Seul l’avenir nous le dira.
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Interview

Comment est née l’idée du film ?
En 2009, le professeur d’art dramatique du Centre Culturel de Courcelles me faisait part de la présence de son beau-père moscovite justement en vacances en Wallonie chez sa fille. Ce dernier ne parlait pas du tout le
français, mais on s’est très bien compris, par geste et par effet de traduction. Il était partant pour jouer un rôle dans un film. Comme j’avais déjà réalisé L’Internement de Karyl Chessman en 1995, Le Goulag de la
Terreur en 2001, c’était donc l’occasion idéale de conclure le pacte avec les Soviets qui me hantent depuis 1964. De plus, Charleroi est devenu une ville multiculturelle, avec notamment des Ukrainiens, Russes Bulgares venus s’installer dans la région. J’avais imaginé il y a déjà plus de 40 ans la destruction d’une ville comme Sodome et Gomorrhe, mais en utilisant l’arme nucléaire. Avec un acteur russe, un décor, une ville détestée de tout
le monde, j’avais tous les éléments pour imaginer un film-catastrophe. Il ne restait plus qu’à trouver des centaines de personnes motivées … J’ai donné un premier coup de manivelle, sans savoir où cela allait me mener, si ce n’est dans le réservoir de l’abîme. Je ne savais pas non plus combien de temps le film allait durer. C’est dans ce contexte que le film a vu le jour.

Quelle place tient La Posterie ?
Je suis employé au Centre Culturel, où je m’occupe d’animations audiovisuelles. Mon directeur, monsieur Leclef, m’a permis pendant de longues années d’utiliser mes heures de prestation en créant des oeuvres
cinématographiques les plus singulières en associant à mon film la formation de régisseurs dans l’espoir de donner l’envie à ces élèves de devenir un jour autonome et de faire leur place dans l’audiovisuel.
Comment le film a-t-il été financé ?
Grâce à une aide obtenue par la Communauté Française Wallonie-Bruxelles et la Loterie Nationale, j’ai pu imaginer de faire un grand film, tout en restant fidèle à ma manière artisanale de réaliser des films.

Quel rôle La Parti a-t-elle joué ?
Je suis entré en contact avec Vincent Tavier, producteur de La Parti, par l’intermédiaire de mon sauveur,
Noël Godin, qui m’a empêché de sauter de la falaise en 1995, et qui tient le rôle principal dans Karminsky-Grad. Motivé par le scénario du film, il a tenu à me donner un coup de pouce pour achever le travail. Grâce à lui, j’ai pu contacter Miss Ming, une actrice française vue dans Mammuth, que Vincent a fait venir tout droit de France pour tourner une scène du film. Vincent n’a cessé de nous aider en fournissant gracieusement sa salle de montage, le monteur, les copies du film, etc. Un grand merci à lui.

Quel a été le plus gros défi sur ce film ?
Tourner dans des températures à -15°C pendant la nuit. Entre Staline-Grad et Karminsky-Grad, il n’y a que 68 ans de décalage. Le froid était donc nécessaire pour ressentir le climat hivernal de Russie. Je remercie
toute l’équipe qui a été frigorifiée durant le tournage.

Comment définissez-vous votre style ?
Unique en son genre et inclassable. Mon cinéma ne ressemble à rien de connu actuellement. Je ne me suis jamais défini comme surréaliste, il a fallu qu’on me le dise. J’ai quand même une faculté que les autres n’auront certainement jamais : je suis arrivé à motiver plus de 200 personnes à participer gracieusement, bénévolement, uniquement pour le plaisir de se voir quelques minutes à l’écran. On peut dire que mon cinéma est un mélange de cinéma baroque espagnol avec de l’expressionnisme allemand, des personnages felliniens aux visages d’enfer qui évoluent dans un univers qui m’est propre où l’accent local n’est même pas recherché, il EST. Je pourrais quand même citer mon maître à penser qui est Stanley Kubrick, le seul réalisateur qui a vécu sur cette Terre, à qui j’aurais voulu ressembler. Malheureusement, je n’ai effleuré que quelques coquillages devant son océan.

Quelle est la scène la plus importante du film ? Pourquoi ?
Le combat de catch. Il met en confrontation un soi-disant athlète soviétique avec un simple wallon. C’est Goliath contre David. Goliath, incité par les membres du parti, ne pourra s’en sortir qu’en utilisant une arme blanche – la tricherie – car il sent bien qu’il va perdre. S’il perd, c’est la Russie qui perd. Le combattant russe doit gagner coûte que coûte. Bien malheureusement pour le petit forgeron wallon.

Quel habillage avez-vous voulu donner au film ?
Le symbolisme est de rigueur par le fait de mettre des insignes nazis, des faucilles, des marteaux, de représenter les systèmes totalitaires qui veulent détruire le monde. Deux systèmes qui ne s’entendent pas sont obligés de
travailler ensemble. On est sûr que ça ne marchera jamais et que ça aboutira à la catastrophe.

Comment s’est passé le travail avec les techniciens ? et avec les acteurs ?
Pas toujours facile, car il fallait travailler quelquefois 16h voire 20h par jour. Les participants étaient fatigués, démotivés. Certains ont même quitté le plateau sans prévenir, ce qui a parfois créé des problèmes de raccords. Fort heureusement, le noyau dur est resté. À ceux-là, je leur dis bravo !

Vous défendez un style brut. Cette manière de faire a-t-elle sa place dans la production cinématographique actuelle ?
Malheureusement non. Je pense pourtant que toutes les formes ont le droit d’exister mais en fin de compte, c’est le public qui décide. Pour qu’il y ait du cinéma, il faut qu’il y ait des spectateurs.

Avec ce film, vous allez voulu faire peur au public, ou croyez-vous vraiment que la Wallonie n’a plus d’avenir ?
J’ai simplement voulu faire prendre conscience au public des risques qu’ils encourent en cas de cataclysme nucléaire. Il ne faut pas oublier que la Belgique est une région à risques. Nous sommes entourés de centrales
nucléaires, d’usines chimiques, d’une prolifération d’antennes de GSM, des inondations probables, de changements climatiques, … Hantée par le spectre du chômage, une violence croissante de plus en plus brutale, la Wallonie a encore un avenir. Mais pour cela, il faudrait que l’on change nos mentalités, que l’on prenne conscience du pouvoir que nous avons. Alors, il y a aura peut-être un changement. Il existe en Wallonie des barrages importants qui peuvent servir de centrales hydrauliques (Luxembourg), les éoliennes,
… Chassons de nos territoires les risques nucléaires, chimiques, biologiques. Nous avons le réseau d’autoroutes le plus dense d’Europe. Ces autoroutes sont utilisées par des camions de toutes les nationalités. Faisons comme en Suisse, que tous ces camions étrangers paient une taxe. Avec cet argent, nous pourrons refinancer la sécurité sociale : moins de pollution, moins d’usines et plus de possibilités d’ouvrir des centres cinématographiques pour un cinéma plus européen !

Vous avez toujours défendu un cinéma artisanal. Pourtant, vous avez utilisé, pour ce film, des trucages numériques. Etait-ce essentiel à la réalisation du film ?
Oui parce que je ne pouvais pas créer une maquette de Charleroi, comme dans Godzilla, où les Japonais ont associé la créature gigantesque du dragon crachant du feu en pensant au cataclysme nucléaire de Nagasaki et
Hiroshima.

Quels sont les références qui vous ont aidé à réaliser ce film ?
La Bombe de Peter Watkins et le Docteur Folamour de Stanley Kubrick ont été mes principales sources d’inspiration.

Quelle est la clé pour comprendre ce film ?
Le voir du début à la fin, générique compris. Surtout ne pas détourner le regard un instant. Il faut acquérir le livre Jean-Jacques Rousseau Cinéaste de l’Absurde aux Editions Archimbaud/Klincksieck. La clé de voûte se
trouve dans ce livre. N’hésitez pas à revoir le film et de lire le livre plusieurs fois avant d’émettre une seule critique.
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Générique

Générique:
Réalisation / scénario : Jean-Jacques Rousseau
Production : La Posterie Centre Culturel de Courcelles asbl
Soutien logistique : La Parti Productions
Avec l'aide de La Communauté Française Wallonie-Bruxelles et de la Loterie Nationale.
Acteurs : Noël Godin, André Stas, Léon Stone, Vladimir Kamenov, Pierre S., Tommy Gun, Béla Olâh, Rémy S. Legrand, Olga S, Francis Somville, Martine Tonon, Fanchon Daemers, Eric Tilmant, Maria Ventura, Ronald Leclercq, ...
Technique : JJR (caméra, décors, costumes, mise en scène), Cimon de Syraine (assistant réal, photo, décors, infographie), Marc Gooris (chef op), Eveline Scrève (photos de plateau), Benoît Neefs (éclairage), Sammy Hermand (steadicam), Costhéa (costumes), Thomas Baudour (montage), Sacha Feiner (effets numériques), Michel Pasque (bande-annonce, caméra), Léon Stone (affiche), Reno & Jay (artwork), Franco Romanelli (décors), Frédérique Rousseau (musique), …
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Site internet

http://www.infojjr.be/kg.html

 

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