Un film de Guillaume Malandrin.
Avec Jacky Lambert, Olga Grumberg, Robin Weerts.

Ca m'est égal si demain n'arrive pas

Long-métrage de fiction - Couleur - 35 mm - 2006 - 70'

Synopsis

Récemment sorti de prison, Jacques (quarante ans) reprend contact avec son fils de dix ans qu’il ne connaît pas. Malgré les réticences de la famille d’accueil, Jacques veut partir une semaine en vacances avec lui dans le Sud. Quelques jours avant le départ, il retrouve Anne, la mère de l’enfant – enfant qu’elle ne connaît pas non plus – et l’entraîne dans cet étrange projet de vacances familiales. Trois personnages qui ne se connaissent pas vont chercher à s’aimer sans vraiment savoir comment, ni pourquoi.
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Interview


Entretien avec Guillaume MALANDRIN.

D'où est venue l'idée de ce film ?
L'idée était de faire une expérience de cinéma en prenant un maximum de risques de mise en scène. Pour moi, ce film est en quelque sorte un film expérimental. Je veux dire par là que j'ai cherché à raconter cette histoire en supprimant les explications, avec aucune scène d'action ou de comédie, peu de dialogues, pas de dramaturgie scénaristique et, en plus, des personnages peu sympathiques avec lesquels le spectateur ne peut pas s'identifier mais qui vont pourtant dégager beaucoup d'émotion. Un film impossible à produire dans un cadre habituel de production, surtout aujourd’hui où le formatage induit par la chaîne de financement est si lourd et si contraignant, en terme de production, de récit et de casting.
Le personnage de la mère, par exemple est tout ce que le cinéma en général ne montre pas et n'aime pas montrer : une mère indifférente à son enfant, qui n'a pas de sentiment maternel, et qui s'en fout un peu. Une femme qui assume son indifférence à son enfant et qui n'est pas spécialement plus folle qu'une autre. C'est une question intéressante que le cinéma a complètement occultée car l'idée commune est qu'une femme doit aimer son enfant au risque de le traumatiser à vie. De l'autre côté, on a un enfant intelligent, équilibré et on sent que ce n'est pas parce qu'il a été abandonné qu'il va devenir un gangster ou un drogué. Plusieurs spectatrices sont venues me voir après les projections  pour me dire combien elles étaient contentes qu'on leur montre une mère déculpabilisée de ne pas être une mère aimante.

Comment s'est déroulée l'écriture du scénario à trois ?
Depuis «Raconte», j'écris toujours avec mon frère Stéphane. Nous avons une longue complicité d'écriture et mon frère est aussi très présent pendant le tournage où il intervient beaucoup. A l'écriture, nous avons simplement conceptualisé l'histoire entre ces trois personnages, mais nous ne voulions pas trop écrire ce scénario. Comme tout tournait autour de Jacky Lambert, celui-ci nous a demandé de participer à l'écriture du scénario et notamment de ses dialogues. Pour finir, il a écrit quasiment tous les dialogues bien qu'au tournage nous ayons beaucoup improvisé.

Le choix des acteurs est donc intervenu avant même l'écriture du scénario ?
Tout à fait, le film est né de l'envie de travailler avec Jacky Lambert que je connais depuis longtemps et Olga Grumberg dont je suis le travail théâtral depuis de nombreuses années. Jacky Lambert n'est pas un acteur professionnel bien qu'il ait joué dans plusieurs films comme «Atomik Circus» ou «Pâques au Tison». Son visage est extraordinaire de tension intérieure et son jeu est très retenu, posé. Ce qui en fait un excellent comédien. Il a su incarner un personnage très rude et très doux à la fois. On peut dire qu'il a mis beaucoup de lui dans ce film même si, pour autant que je le sache, il n'a jamais fait de prison et n'a pas d'enfant ! C'est un vrai investissement de sa part. Quant à Olga Grumberg, c'est une comédienne professionnelle qui a fait beaucoup de théâtre où elle excelle dans des rôles comiques. Elle a aussi joué au cinéma sous la direction de Costa-Gavras et Claude Berri. C'est une comédienne très talentueuse aux multiples facettes. Pour jouer l'enfant, j'ai tout de suite choisi Robin Weerts avec qui j'avais tourné le court métrage «Raconte», et qui attendait impatiemment un nouveau rôle. Robin a grandi depuis «Raconte» et donc, au début du tournage, il n'avait plus la même spontanéité, ni les mêmes réflexes que lorsqu'il avait 6 ans. Mais il a très vite compris que, moins il en faisait, plus il était vrai.

Vous avez tourné avec peu de moyens et une équipe très réduite.
Oui, nous avons tourné en DV durant dix jours : cinq jours en Belgique, cinq jours dans le Lot en France. Avec mon frère et moi à la mise en scène, les deux techniciens et les comédiens, on était rarement plus de huit sur le plateau. Il faut savoir que ce film n'avait, à l'origine, aucune destination commerciale. C'était un film expérimental, du cinéma-vacances... d'ailleurs le film s'est longtemps appelé "vacances…".

Travailler avec une équipe aussi réduite demande un choix sans faille ?
Ce sont surtout des amis avec qui je collabore depuis longtemps. Sans leur participation, sans leur soutien et leur talent, je n'aurais pas pu faire ce film. Jeff Mercelis est un musicien avec qui je travaille depuis «Raconte», Nicolas Guicheteau à l'image aussi, de même que Anne-Laure Guégan au montage et Franco Piscopo au mixage, tous sont de fidèles collaborateurs. Et côté production, avec Vincent Tavier et Philippe Kauffmann à La Parti, on  développe tout à fait ce genre de concept, alternant toujours, dans un esprit de liberté, des œuvres plus commerciales avec des films plus expérimentaux. Un film est toujours et surtout un travail d'équipe.

Pourquoi cette durée inhabituelle ?
Nous n'avons jamais tenu compte de la durée du film, au profit du récit. Au premier montage, j'avais une matière de 2h40 de film mais nous avons supprimé énormément de scènes afin d'éviter le côté explicatif. Trop de dramaturgie nuisait au récit. Il fallait laisser de l'espace au spectateur pour qu'il puisse réfléchir sur ces personnages et répondre lui-même aux questions posées. 

Rien à voir avec le projet que vous développez pour l'instant ?
J'ai effectivement tourné ce film en attendant et en opposition au film que je prépare actuellement. Après avoir tourné plusieurs courts métrages, je me suis lancé dans la préparation d'un premier long métrage intitulé «Où est la main de l'homme sans tête». Comme souvent en Belgique, un premier film demande des années de travail, pour l'écrire mais aussi pour le monter. En alternance avec ce long projet, j'ai eu l'envie de tourner «Ça m'est égal si demain n'arrive pas», un film rapide et sans budget, construit avec sa logique de production et de mise en scène. Je viens de la cinéphilie, j'adore autant les séries Z que les séries B ou les films d'auteurs. Pour moi, il n'y a aucune contradiction entre les films de genre et les films art movies, mais plutôt une continuité dans la démarche. «Ça m'est égal si demain n'arrive pas» a été réalisé dans l'allégresse avec une parfaite harmonie entre les moyens et l'ambition. Après la réalisation de «Où est la main de l'homme sans tête», je retournerai peut-être un autre film comme celui-ci, avec peu de moyens, peu de personnes. Je suis très intéressé de poursuivre cette recherche. C’est une façon de faire l’école buissonnière et de s’échapper du carcan si pesant et si contraignant du système de production du cinéma d’aujourd’hui.

Parlez-nous de «Où est la main de l'homme sans tête» ?
Ça aurait dû être mon véritable premier long métrage, mais «Ça m'est égal si demain n'arrive pas» l'a quelque peu devancé.
Le film est une sorte de thriller qui traite d'une relation père-fille. Eva est plongeuse de compétition. Son père, Peter, est son entraîneur et son mentor. Lors d'une compétition, c'est l'accident, le trou noir. Elle se réveille à l'hôpital, son père est à son chevet mais plus rien n'est comme avant. Le rôle du père sera tenu par le comédien allemand Ulrich Tukur que j'avais découvert dans «Amen» de Costa-Gavras et qui a, depuis, joué notamment dans «Le Couperet». Quant au rôle de la fille, il sera joué par Cécile de France qui est dans le projet depuis quatre ans déjà. Je l'avais rencontrée alors qu'elle achevait le tournage de «L'auberge espagnole» de Cédric Klapisch et n'avait donc pas encore son aura actuelle. Mais elle aime beaucoup le scénario et est restée solidaire du projet au fil de son succès. On y retrouvera aussi Jacky Lambert et Bouli Lanners. Ce sera un film de suspense et d'angoisse, et j'espère que le spectateur aura très peur.

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Générique

CASTING
Jacques   
Jacky Lambert

Anne
Olga Grumberg

Roland
Robin Weerts

L'ouvrier       
Philippe Demartin

Le père adoptif  
Jean-Pierre Weerts

L'homme au chapeau  
Manuel Delaforterie

L'arbitre       
Pascal Marlier

Le collègue 1   
Pierrot Hacha

Le collègue 2   
Katty  Martin

Le serveur du Lot       
Jean François Herpe   

L'ami de Anna  
Nathalie Marcou 

Le fils
Yan van der Wolf

Le boulanger    
Ricou Florent

Les amis autour de la table
Geoffroy van  der Wolf, Muriel Fhal, Denis Lamazoux, Catherine Jammes.



Réalisateur
Guillaume Malandrin           

Script
Jacky Lambert, Stéphane Malandrin, Guillaume Malandrin

Dialogues
Jacky Lambert

Chef opérateur
Nicolas Guicheteau

Ingénieur son
David De Four

Catering
Christelle Mahy (Brussels)
et Sylvie Weerts (Le Lot, France)

Montage son et image
Anne-Laure Guégan

Mixeur
Franco Piscopo

Musique
Jeff Mercelis

Mixage musique au Alea Jacta Studio
Franco Piscopo and Jeff Mercelis

Etalonnage à Condor
Phil Bricklebank

Correction image à Condor
Donat van Bellinghen

Produit par
Guillaume Malandrin

Producteurs associés
Vincent Tavier, Philippe Kauffmann, Stéphane Vuillet
 
Assistante de production
Adriana Wiasek Piansak


REMERCIEMENTS
Marion Hänsel, Pierre Mertens, Fred Meert, Guy Marcou and the Family Marcou, Geoffroy van der Wolf, Fanfan, La famille Weerts, Benjamin Sornin,  The supermarket de Thuin , Les Halles de Scharbeeck, the town of Floirac, The creperie of Floirac, the maire of Floirac, Laurent Felk, the Belgium National Bank, Carmen Sanchez to Condor, Gilles Bissot, Christine Grulois, Franco, Manu, Kriku, Olivier to Alea Jacta, Pilou and Géraldine, Kita Bauchet, Yann Dedet, Hélène Lamy Rousseau, Sabine Dupont, Ines Rabadan, Mariu Malandrin, Manu Demeulemester, Louis Heliot, Christelle Mahy.


Equipement caméra ATHALYS
Mixage son ALEA JACTA
Studio de mixage ALEA JACTA
Etalonnage et correction image CONDOR
ASSURANCE  CircleFilm.com



© 2005 Aproduction of La Parti Production. A co-production with Alea Jacta Post Production

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Festivals

Mention spéciale du Jury au Festival international du film de Montréal (Canada, 2005)
Prix Hadrumète d’Or long-métrage vidéo au Festival International du Film pour l’Enfance & la Jeunesse de Sousse (France, 2006)
Mention spéciale du Jury (Sélection officielle) au Festival du Film International d’Alba (Italie, 2006)
Grand Prix du Long-métrage au Festival Songes d’une Nuit DV (France, 2006)

Sélection au Festival International du Film Francophone de Namur (Belgique, 2005)
Festival « Premiers Plans » d’Angers (France, 2006)
Festival International du Film de Rotterdam (Pays-Bas, 2006)
ACID, Festival de Cannes (France, 2006)
Festival International du film d’Avignon (France, 2006)
Festival du film de La Rochelle (France, 2006)
Era New Horizons International Film Festival (Pologne, 2006)
Noordelijk Film Festival (Pays-Bas, 2006)
Festival du Cinéma Français « Ciné Premières » (Pays-Bas, 2006)
Festival du Film International de Leeds (UK, 2006)
Festival du Film Indépendant de Barcelone, L’Alternativa (Espagne, 2006)
Festival « La Enana Marron », panorama du cinéma international indépendant, Madrid (Espagne, 2006)
Festival du Cinéma Indépendant de Buenos Aires (Argentine, 2007)

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Crédits

En coproduction avec Alea Jacta.
Producteur Guillaume Malandrin.
Producteurs associés Vincent Tavier, Philippe Kauffmann, Stéphane Vuillet.

 

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© La Parti Production, 2006
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