Un film de Martine Doyen.
Avec Sarah Duah, Damien Van De Steene, Valérie Lemaitre, Jacky Lambert.

Pâques au tison

Court-métrage de fiction - Couleur - 35 mm - 2002 - 30'

Synopsis

Avril 1982. Le printemps fait la grasse matinée et l’hippodrome quasi désaffecté de Sterrebeek grelotte sous la neige… La famille de Paulette (12 ans et demi, 65kg, 1m70), se réunit au grand complet pour fêter Pâques dans la buvette, squattée pour l’occasion par Tonton Robert, ami intime du gérant. Crêpes et fléchettes à l’appui, l’ambiance se veut « bon enfant », mais il y a anguille sous roche… Bientôt, trois garagistes déjantés vont débarquer en grande pompe pour mettre un peu de fioul dans tout ça. Jack Desmet, le cerveau de la bande, a un œuf à peler avec Lino, concurrent à plus d’un niveau et beau-père indigne du séduisant Pedro, adolescent ténébreux au regard de braise que Paulette meurt d’envie d’embrasser.
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Note d'intention du réalisateur

Entre la remise du dossier comme court métrage en juin 99 et la réalisation du film en janvier 2001 de l’eau à coulé sous les ponts. Nous avons réintroduit le dossier à plusieurs reprises, comme long métrage et j’ai retravaillé le scénario en fonction. Après le premier refus qui en fait n’en était pas vraiment un, puisque le projet était passé au premier tour, nous avions bon espoir que nos souhaits se réalisent et que nous n’avions pas  attendu un an pour rien. Mais le sort en a décidé autrement. Après cette aventure un peu déçevante, il était difficile et absurde pour moi de faire marche arrière et de me contenter de tourner une version plus courte qui n’était plus vraiment d’actualité. Dans ce cas, il aurait mieux valu, je crois, abandonner le projet car l’envie n’y était plus. Mais abandonner un projet ne me ressemble pas trop. Je trouve ça très déprimant. Mes producteurs l’ont bien compris et m’ont généreusement suivi dans l’idée de tirer un maximum de la situation. Nous avons tourné plus de cinquante-cinq minutes utiles en dix jours de tournage. Il en reste 45.  L’investissement de l’équipe, artistes et techniciens a été exceptionnel et j’en suis très heureuse. Des gens talentueux ont donné le meilleur malgré les conditions parfois très difficiles. Je ne veux pas croire qu’un tel déploiement d’énergie positive ne porte pas ses fruits et en échange je me dois de faire mon possible pour que ce film ai le plus de chance d’être vu et apprécié.

Nous avons pris des risques et voilà le résultat. Je ne suis pas encore satisfaite car le  film n’est  tout simplement pas encore fini. Il manque l’exposition et la résolution. L’idée à germé au fil de la réalisation de ce film, mais je l’ai mise provisoirement de côté parce qu’elle est en soit plus facile à réaliser et qu’il fallait que je me concentre sur le cœur du film, plus compliqué à tourner à cause du lieu, de la saison, du nombre de comédiens, etc…( un vrai casse-tête chinois). Cette idée d’exposition et de résolution s’est confirmée au montage pour finalement devenir incontournable. Mais les enfants grandissent à une vitesse folle, il faut que je tourne leurs séquences le plus vite possible, sinon ça risque de trop se voir à l’image d’où l’urgence d’un dernier financement.

Je crois que malgré le manque d’argent,  la première qualité de ce film est sa liberté de fabrication , son indépendance. Je crois qu’il y a un public pour apprécier ce type de cinéma. Le tout est d’arriver jusqu’à lui dans les meilleures conditions, qui dans notre cas ne sont pas astronomiques, vu le budget minimum engagé jusqu’à présent. Le rapport est plus qu’honnête à une époque ou on ne peut plus faire un pas sans déplacer un maximum d’argent et où les jeunes réalisateurs  doivent attendre des années pour pondre un « premier » film .

Au niveau de la réalisation, je vois pour l’exposition (autant que pour la résolution d’ailleurs) des plans plus serrés sur les personnages, vus isolément ou dans leur petite cellule familiale ou professionnelle, ce qui permettrait au spectateur de pouvoir se familiariser d’avantage avec leurs caractères respectifs, et de pouvoir les reconnaître, les comprendre, les sentir et  surtout s’en amuser plus facilement par la suite selon les affinités. Au niveau de l’intrigue aussi cette exposition apporte des éclaircissement et rend les intentions du film plus claires. Ce n’est évidemment pas l’histoire de Lino et des garagistes qui est la plus importante dans l’histoire. C’est une sorte de suspense qui n’en est pas un, un fil conducteur mais cette petite magouille minable qui se termine en queue de poisson doit apparaître beaucoup plus clairement, on doit comprendre plus rapidement que ce n’est pas ça le plus important dans le film. Tout ça  aura pour résultat de permettre au spectateur de se laisser glisser dans une phase plus contemplative, quand ils sont tous ensemble. Ce qui pour le moment est un peu difficile, vu qu’on passe pas mal de temps à se triturer la cervelle pour savoir qui est qui et qui est avec qui. Je veux qu’on les regarde s’agiter dans tous les sens, pour des raisons différentes, qu’on sente leurs humeurs, leurs tics et leurs blessures, sans trop se poser de questions. Cette exposition donnera aux personnages plus d’épaisseur et  nous permettra de les contempler plus à notre aise.

La résolution est assez courte mais nécessaire dans le sens où elle apporte la certitude que Pedro n’est pas mort et qu’il a réussi à atteindre  son objectif ( que sa mère quitte Lino) et ainsi mettre fin à son sentiment d’impuissance, ce qui  du coup le rend plus disponible aux attentions de Paulette qui de son côté, atteint son objectif également en établissant le contact avec lui dans la promesse d’un premier baiser. Cette fin apporte une dimension supplémentaire au film et surtout nettement moins noire.

Dans les premières versions du scénario, Pedro mourrait, mais au fil du travail sur les personnages, l’interprétation du petit comédien Damien Vendersteen, les recherches psychanalytiques effectuées sur le suicide chez les adolescents, je n’ai plus pu envisager une fin aussi dramatique et sans espoir. La suggestion d’un suicide avorté , connu seulement du spectateur, m’a semblé beaucoup plus juste et intéressante, plus en accord avec l’idée que je me suis finalement faite du problème.

Une histoire que j’ai entendue lors d’un colloque sur la question a été décisive dans ce choix.
L’histoire d’un adolescent (sans problème apparent,  bon élève etc…) qui s’était suicidé dans la cour d’une école après les cours, sans témoin. Il avait laissé une lettre, où il considérait sa vie comme un échec, alors qu’elle venait à peine de commencer… En gros, il justifiait son acte par le fait qu’il ne voulait  gêner personne avec ses problèmes.  Il ne lui est jamais venu à l’esprit qu’on aurait pu peut-être l’aider à s’en sortir. Certain qu’il était, que dans la vie, on s’en sort tout seul et que si on y arrive pas, on n’est ni plus ni moins  qu’un échec définitif qui ne mérite pas de vivre.  Sa lettre, très bien écrite et très intelligente, fut aussitôt publiée dans les journaux et on l’enterra en grande pompe, 2000 personnes sont venues à son enterrement de héros, ce qui est finalement un peu suspect… Le psychanalyste canadien qui donnait ce colloque avait raison de dire qu’en fait, faire un héros de cet adolescent n’était pour les gens qu’une manière de se disculpabiliser de l’incapacité à s’entraider, monnaie courante aujourd’hui, de considérer les gens en souffrance comme des parias à éviter. Cette histoire m’a fait réfléchir et finalement je n’ai plus voulu faire de Pedro un héros « romantique ».

Je suis aussi en train de réfléchir sérieusement à une voix off de Paulette qui viendrait par moment, quatre ou cinq fois, pas plus , et qui renforcerait sa position dans l’histoire. Au moment où vous verrez le film en projection, cette voix off sera sans doute là, sauf si je m’aperçois que ça ne fonctionne pas…Si elle y est, elle sera présente aussi à la toute fin  du film et au début. Pour le moment elle n’est pas dans le scénario parce qu’elle n’est pas encore écrite. Il n’y a que l’idée, encore très fraîche. Le fond de cette voix off, suivrait son obsession avec humour, à savoir, les questions qui la taraudent : qu’est ce que c’est que l’amour, être attirée, avoir envie d’embrasser, etc…Questions influencées par ce qu’elle vit tout au long du film. Ce point de vue en forme de point d’interrogation, dont le point est un petit coeur , pourra peut-être apporter un contrepoint intéressant  par rapport à tout ce qui se passe avec les  personnages adultes et à mettre d’avantage l’accent sur son personnage, à mon sens, aussi important pour le film que celui de Pedro….Le rouge ( Paulette) et le noir (Pedro) ne s’épousent-ils pas ?


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Générique

Martine DoyenRéalisation
Martine DoyenScénario
Sarah DuahCasting
Damien Van De Steene
Valérie Lemaitre
Jacky Lambert
Michelangelo Marchese
Jef MercelisMusique originale
Vincent TavierAssistant réalisation
Lieven Van BaelenImage
Patrick Otten
Matyas VeressMontage Image
Anne-Laure Guégan
Pierre MertensSon
Willem Van Nieuwehuyzen
Maxime Bodson
Olivier Hespel
Eric Ronce
Rabau Henke
Valène LeroyMontage Son
Frédérique Delmeiren
Franco PiscopoMixage
Emmanuel de Boissieu
Coralie BellionDirection de production
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Festivals

Prix Spécial du Jury au Festival de Clermont-Ferrand (France, 2002)
Prix de la Meilleure Fiction au Festival Média 10/10 Namur (Belgique, 2002)
Grand Prix au Festival Media 10/10, Namur (Belgique, 2002) 
Prix de la Cinématographie au Festival « Oh ce court », Bruxelles (Belgique, 2002)
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Crédits

En coproduction avec Alea Jacta , Entropie Films.
Producteurs Vincent Tavier, Philippe Kauffmann.
Avec le soutien de la Communauté française de Belgique.

 

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© La Parti Production, 2002
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